Avertissement
Sans être interdit aux mineurs, il contient néanmoins des textes parfois violents, osés ou immoraux...
Quelqu'un a une explication ?
La question est simple, nous nous la sommes tous posés. Et pourtant, l'on va voir qu'il n'est pas si aisé d'y parvenir. Il faut procéder méthodiquement et appliquer des principes fondamentaux. Choisissez votre victime comme il vous sierra. Sorcière, nymphe ou mégère, peu nous importe.
Choisir un cimetière adapté. Il est important que le cimetière soit suffisamment vaste. On ne se perd pas dans un 20m². La peur est engendrée par l'espace, les recoins sombres et l'absence d'issue. Pensez-y...
Choisir sa période. Il est évident que l'été, les cimetières effraient moins qu'en hiver. Il fait trop chaud et la Lune tarde à nous montrer son beau visage. Le ciel est souvent dégagé et l'atmosphère se fait moins pesante. L'hiver est une saison beaucoup plus efficace. Toutefois, je vous conseillerais plutôt l'automne. C'est une saison intermédiaire et l'homme y est moins méfiant. On peut atteindre des températures assez fraîches et si le vent s'en mêle, on risque de se surprendre agréablement. Et puis l'automne a ses couleurs... C'est mon coup de coeur personnel.
Bien s'accompagner. C'est toute la clef de l'affaire. Il faut être en confiance et amadouer sa proie. Tous les prétextes sont bons, à chacun de s'adapter. Une communication efficace est nécessaire à la réussite du projet. Attirer sa proie peut nécessiter l'usage de certains ustensiles plus ou moins diaboliques. Je ne suis pas regardant sur le moyen ; seul le résultat compte. Les chocolats sont un grand classique mais ils demeurent terriblement diaboliques. Il ne faut pas craindre les classiques. Ne négligez aucun détail.
Leurrer sa victime. La confiance réciproque est un aspect non négligeable de l'affaire. Une complicité doit s'installer entre elle et vous. Jouer avec son repas n'est pas forcément inutile. Il ne faut pas toujours reprendre les vieux conseils d'éducation. Sautez de tombe en tombe, naviguez allègrement dans les allées. Le temps doit passer sans qu'elle ne réagisse. Une complicité extérieure est souvent la bienvenue, toujours dans l'optique d'instaurer ce climat de confiance. Il est possible de prétexter une quelconque visite. Ici la tombe d'un tel, là de tel autre. Changez de rythme en vous faisant expulser d'un caveau. Certes, ce n'est pas chose aisée mais c'est diabolique, je vous le confirme.
Feindre l'ignorance. Votre victime est fin prête. Le doute s'est installé en elle, elle commence à trembler. Elle vient alors de s'apercevoir qu'elle est tombée dans un piège. Dès lors, l'araignée peut commencer à savourer sa proie. Voyez s'installer la panique sur son visage. Sentez son souffle haletant, elle se vide déjà de sa force. Il est trop tard pour elle, elle est perdue. Chaque seconde qui passe l'entraîne inéluctablement vers son tragique destin. Son passé resurgit, elle culpabilise. C'est bon pour vous. L'effroi remplace la panique. Elle tremble. Ses muscles la quittent : c'est bientôt la fin. Sa fin. Tout n'est plus qu'ombre à ses yeux. La plus effrayante est celle qui s'avance vers elle. Massive et décidée. Il n'y a plus d'issue. Tout est fini...
Infernalement votre.
A notre famille, provisoirement dispersée aux vents malins.
Je passe. J'inspecte le territoire. Vérifie que les toiles d'araignées prospèrent convenablement.
Qu'à nouveau poussent et croissent ronces, orties et chiendent.
C'est parfait, les terres abandonnées se comportent bien comme nous l'entendons.
Barrant le passage par leur aspect effrayant à quelque innocent qui tenterait d'approcher.
Nous voici bien à l'abri des regards extérieurs. Nous ne craignons nulle invasion.
Et ceci, même en l'absence des plus éminents d'entre-nous.
Je termine ma tournée d'inspection. M'assure que nulle missive oubliée ne traine dans la poussière accumulée.
J'ai profité de ce soir particulier. Sachant que la demeure serait vide. Que chacun serait occupé à cette chasse si particulière, permettant de faire des réserves et des provisions pour l'année. L'occasion aussi de repérer les âmes égarées. Les plus fragiles, celles qui nous reviennent...
J'ai bien entendu croisé ma chère nièce Sandy, chargée de forum. Elle sait que je l'adore. J'ai espéré que mon frère profiterait de l'absence prévisible de chacun pour passer récupérer quelque dossier négligé au fond de son bureau... Mais il devait se douter que je hanterais les couloirs. Nulle apparition dans nos ténèbres.
Ma soeur, mon père, tous étiez de sortie, comme il se devait. C'est bien, c'est très bien. Continuez à répandre le mal en vous déplaçant hors de nos murs.
Que la contamination soit !
Et je m'en retourne comme je suis venue.
N'oubliant pas de déposer sur chacun de vous toutes mes malédictions pour l'an venant.
Je m'en vais à mon tour danser dans la nuit. Je passe prendre le comte Vlad, mon dernier compagnon. Puis nous irons rejoindre les incubes, pour faire naitre la terreur dans l'imagination des humains...
Nul doute qu'au petit jour, certains auront succombé.
Espérant que chacun d'entre vous remplisse aussi bien sa tache.
Mal à vous.
Votre matriarche.
Sa seigneurie. Indee.
- Taisez-vous ! Asseyez-vous et écoutez-moi ! Il en va de votre santé mentale. Il est grand temps que vous preniez connaissance de l'histoire de la famille Denfer.
C'était un soir d'automne. Les vents hurlaient tandis que les arbres prenaient vie dans la nuit. Les feuilles tourbillonnaient dans les airs. Le ciel orageux menaçait, sombre annonce d'intentions furieusement hostiles...
J'avais froid. J'avais peur. Et je ne savais pas encore à quel point j'avais raison...
Ah, non, ce devait être quelqu'un d'autre. Peut-être une de mes identités perdues en route ? Une autre « moi » à jamais disparue.
En cet instant, j'ai dû sentir le souffle glacé des ténèbres, car un frisson voluptueux m'a saisie. Je me souviens d'avoir abondamment salivé à la perspective de nourritures nouvelles... Ah ! Rien que d'y penser encore je sens mon oeil s'allumer.
Et la légende se mettait doucement en place. De façon imperceptible, presque sournoise, des personnages naissaient du virtuel... Parvenant par la suite à croître jusqu'à prendre corps dans le réel.
Il faut impérativement que vous sachiez. Un jour ou l'autre, vous croiserez le chemin d'un de ses membres, ou du moins d'une personne ayant eu affaire à eux. A ce moment-là, bien sûr, vous croirez à la folie de votre interlocuteur. Et pourtant...
Il ne faut pas faire une enquête bien approfondie, nul besoin d'être un fin limier pour retrouver trace de ces renards.
Souvent artistes - ignorez-vous donc ce que la mort peut avoir d'artistique ? - seul compte pour eux leur bon plaisir. Après leur passage, on ne rencontre que des âmes défaites. Celles des personnes imprudentes qui leur avaient accordé sans retenue leur amitié ou même, parfois, leur amour. Elles y ont laissé leurs esprits...
C'est qu'elles ignoraient qu'il existe de tels vampires, capables, de par leur simple nature, de vous vider de votre substance. Avant de s'enfuir en vous laissant pour mort.
Je veux vous évitez cette tragique destinée.
Vous doutez de ma bonne foi ? Alors vérifiez par vous-mêmes. Ils sont en général plutôt fiers de leurs actes et de leurs résultats. Cultivant par plaisir leur folie, ces êtres ne dissimulent rien de leur forfaits. Bien au contraire ! Ah ! Si seulement le monde pouvait reconnaître la suprématie de leur vésanie !
Mais il y viendra, cela ne saurait tarder...
Renseignements pris, vous saurez de façon certaine que cette terrible famille existe bien. Son royaume s'étend jusque dans les profondeurs de la forêt, et compte d'innombrables sujets loyaux.
Sa légende va durer encore et encore, allant sans cesse en se fortifiant et se ramifiant.
Il faut dire qu'elle est des plus étonnantes, remplie de personnages tous plus extravagants les uns que les autres, mi-virtuels, mi-réels. Êtres hybrides, demi-dieux, anges des ténèbres et démons tout à la fois. Tout et rien. Tant et plus. Hier ou demain...
Transportant leurs richesses intérieures d'un monde à l'autre - essence du mal- ils annexent en passant tout ce qui peut augmenter leur puissance, n'hésitant pas à assujettir les innocents.
Qui suis-je pour vous raconter tout cela et vouloir vous préserver ? Mon nom est Indéfini. Ou plutôt, l'un de mes noms est Indéfini...
Je suis la très douce enfant du patriarche. La seule à qui vous pouvez vous fier sans danger. Quelle meilleure preuve pourrais-je vous apporter que d'être celle qui vous aura mis en garde ?
Mon père - le Patriarche de notre communauté - se nomme Julien. A l'instar des familles normales et aimantes, nous l'appelons tous Papy. Il est le seul responsable de cette catastrophe surnaturelle que sont mes proches parents. De par ses anciennes frasques, il a disséminé ses gènes. C'était là une grande imprudence... Enfin, plus probablement un acte volontaire.
Il peut notamment se targuer d'être le géniteur de Lord Piotr Goradd, comte d'Alucard, maître ès vampirisme et terrible seigneur de notre clan.
Si vous ne deviez retenir qu'un seul nom, ce serait celui-là. Lord Piotr est de loin le pire de nous tous.
Homme de lettre et démon au sang noir, ses mots vivent. Ensorcelés et charmeurs, ils coulent sur le papier ou l'écran jusqu'à prendre l'apparence de fluides vitaux. Si vous n'y faites pas attention, ils se glisseront doucement sur votre peau, pour se métamorphoser ensuite en monstrueux et magnifiques vers rouges et brillants... hypnotiques ! Puis, insidieusement, ils feront leur chemin, perceront votre carapace trop fine pour leur résister et s'en iront rejoindre vos fleuves intérieurs bouillonnants pour s'en repaître.
Comme je suis installée de fait au coeur de la légende en cours, je l'ai vu naître et se développer. Je sais comment elle parvient à tirer des trésors de chacun et fait son profit de chaque parcelle de terre vierge... Après le passage mon frère, de ma soeur ou des mes nièces, il ne reste pour les regards aveugles que cendres, laideur, tristesse, pleurs, eaux boueuses et polluées. Mais pour des êtres comme eux, sachant regarder par delà, saisir, goûter et jouir, alors...
Laissez-moi vous dire : je connais personnellement chacun de ses habitants démoniaques. Je puis vous assurer que tout ce que je vous raconte là est rigoureusement exact : « Parole de Denfer ! » Prêtez un peu attention : si vous vous promenez dans ces lieux agités et colorés, vous en entendrez forcément parler. Et même dans la réalité dont ses personnages sont issus, à présent, l'histoire les dépasse, se ramifie et prend vie.
En outre, notre famille ne cesse de s'agrandir, les êtres y sont bien souvent multiples et si l'on y ajoute, les amants, maîtresses, descendances légitimes ou pas... Cela commence à faire du peuple dans le royaume. Et la liste des méfaits s'allonge.
Julien dans sa jeunesse fit beaucoup pour notre nom. Il serait d'ailleurs bon de le faire parler de son passé, obtenir de croustillants détails sur ses crimes cannibales et autres actes barbares, avant qu'il ne soit trop tard... Car aujourd'hui, par comparaison, il tient une petite forme et s'étiole, usé par les multiples « plaisanteries » de sa descendance à son égard.
Enfin, c'est surtout Piotr le vrai coupable. Notre père lui a tout passé depuis sa plus tendre enfance. Le laissant faire tout ce qu'il désirait -ce dernier fait à présent pareil avec ses propres filles- et je fus celle qui en pâtit le plus.
Moi qui suis si douce et si aimable ! Une antithèse de tout ce que représentent les Denfer. Naïve, altruiste et généreuse, incapable de causer du tort à qui que ce soit, de quelque manière que ce fut.
Donc le jeune prince a très tôt cultivé un ego surdimentionné. Son avidité de pouvoir sans cesse croissante l'a rapidement conduit à prendre la tête du clan et mieux vaut être de son côté que se risquer à vouloir le contrer... D'ailleurs, je ne lui connais pas d'opposant encore en vie.
Quant à moi, je ne suis qu'amour. Je n'ai rien fait. Hormis, peut-être, me venger juste un peu - si peu- de ce que mon père ait laissé mon frère me martyriser impunément durant toute ma longue, si longue enfance.
Et donc, profitant d'un état de faiblesse relative et temporaire de Julien, quelques vilaines âmes de la famille ont comploté.
Papynou s'est alors retrouvé enfermé dans le labyrinthe enchanté. Le lieu est facétieux depuis que j'y ai jeté un gentil charme. Ses parois se meuvent de sorte qu'il ne cesse de se redessiner et la sortie se referme pour s'ouvrir ailleurs dès que le paternel pense pouvoir s'y engouffrer. De fait, il y a finalement pris ses aises et en a fait son territoire.
Mais il continue de se passer de curieuses choses dans cet endroit. S'il prenait l'envie à une communauté de bien-pensants d'enquêter et de venir fouiller le sol, qui sait ce qu'ils pourraient y trouver ?
Ceci dit : je déconseille à qui que ce soit de simplement imaginer essayer, ou bien, si cela venait aux oreilles d'un seul de nos membres... Je plains très sincèrement, dans la pure tradition de bonté des Denfer, la personne qui en aurait eu l'idée.
Et les espions à notre solde sont partout, alliés volontaires ou gens d'esprit prudent.
Mais je puis vous dire ce qui se murmure: « Je sais ! »
On raconte que l'on ne quitte pas la famille impunément si l'on y a été quelque peu admis, ou même si on a juste frayé un peu avec elle. Et de méchantes langues osent dire que les dépouilles de mes anciens amants s'y trouveraient...
Moi, j'aurais fait ça ? Je suis un ange de douceur. Si vous ne me croyez pas, demandez-donc à mon frère ce qu'il en pense, il vous le dira. Il suffit juste de savoir me prendre... Et de ne jamais me tourner le dos !
Récemment mariée à Dylex, personnage improbable, ce dernier a depuis peu réalisé où il a mis les pieds. Et finalement, à en juger par son attitude envers moi, il ne dénote pas de l'ensemble de la famille. A croire qu'il cherche les ennuis !
Il ne cesse de tenter de s'éloigner, de demander le divorce et essaie par tous les moyens d'éviter mes proches. Mais il est déjà trop tard pour lui. A moins que JE ne décide de l'évincer, auquel cas, nous trouverons bien une solution...
Hum... Bien évidement, ces gens qui médisent n'y entendent rien. Stupides et sans cervelle -nous n'avons pourtant pas vidé autant de têtes- ce ne sont que des ouï-dire nous prétendants sanguinaires. Pourtant, la plupart du temps, nous n'achevons pas, nous ne tuons pas. Non. Ce serait idiot et il n'est personne chez nous d'assez stupide pour se débarrasser ainsi de ce qui pourrait encore être utile. Un cachot, des oubliettes, une geôle font tout aussi bien l'affaire. Et puis, c'est tellement plus amusant... Pourquoi se gâcher le plaisir animal de jouer avec une proie encore vivante ?
Enfin, je dis ça, je parle pour les autres bien sûr ! Moi, je ne sais qu'aimer. Quoi? Que dites-vous ? Je jouerais avec les sentiments des autres comme avec les miens ? Voyons... Je ne parviens même pas à comprendre ce dont vous voulez parler. Je vous aime... J'ai faim d'amour ! Aimez-moi. A genoux.
Ho, pardon, j'ai glissé. Ne faites pas attention !
Qui a dit que je suis incorrigible ?... Mais non, voyons, au contraire...
Bien sûr, si nous savons nous unir et resserrer nos rangs en cas d'attaque même mineure ou juste potentielle du moindre de nos membres, ce n'est pas pour autant que nous nous épargnons les uns les autres. Je viens de vous dire comment notre papynou s'était retrouvé prisonnier du labyrinthe et en avait pris son parti. Mais les traîtrises ne manquent pas. A tel point que je ne sais par où commencer.
Alors, peut-être, pour faire les choses dans l'ordre, je peux vous dire qu'il est une question sans réponse à ce jour. J'ai bien tenté de faire parler Julien, mais je n'ai rien obtenu de satisfaisant.
Il est un fait. J'ignore, nous ignorons tous ce qu'a bien pu devenir notre mère. Rien, aucun renseignement ne filtre et il ne reste pas le moindre document la concernant. Même son identité est un mystère.
Qu'a t'il bien pu lui arriver ? Qui serait le responsable ? Notre père ? Mon frère ? Et pourquoi ?
Cela est d'autant plus incompréhensible que l'un comme l'autre, en général, adorent se vanter de leurs actes...
Mais là, rien ! Seraient-ils complices ? Je n'ai pas le plus petit souvenir d'elle. Il semblerait qu'elle ait disparu juste après ma naissance.
Ou bien... Je tressaille, une intuition se fait jour à l'instant : aurait-elle fauté ? Voici qui n'aurait pas plu à nos mâles !
Je vous laisse imaginer ce que ces démons ont pu inventer en représailles. Moi, je ne sais pas. Cela dépasse mon entendement.
Mais alors... Et moi ? Avec mon extrême gentillesse et ma patience d'ange, incapable de faire le mal, cela signifierait...
Mais, j'ai survécu ! Il est évident que je suis bien l'enfant de Julien, une pure Denfer. Preuve en est ma résistance aux poisons, depuis toute petite. Cela n'a pas été compliqué à vérifier.
Quant à moi, avec mon coeur immense, je ne puis résister. Et si j'accumule joyeusement et impunément les amants hors de la famille, c'est simplement que je profite de l'absence présumée sans retour de notre seigneur.
Si ce dernier revenait soudainement, je n'aurais qu'à nier savamment. Il me suffirait d'afficher ma personnalité d'ange sage. Je suis passée maître dans l'art d'être celle qu'il me plaît... Ou m'est le plus utile.
Lord Piotr est bien placé pour savoir qu'il ne faut pas se fier à ce qui se raconte. Et ma loyauté n'est plus à prouver. Impossible alors de douter de ma parole !
Reste mon cher père, mais ce dernier n'est plus un danger pour moi. Il est tellement affaibli. Et il a surtout appris la prudence, jamais il ne prendra le risque de s'attaquer seul à ma personne.
Pourtant, je suis si gentille...
Vous ai-je déjà parlé du labyrinthe ?
L'actuelle demeure du patriarche, était autrefois un paisible lieu d'amusement pour les jumelles Chen et Cali qui font la paire. Acérées telles des lames de ciseaux pouvant vous tailler en pièces, que de visiteurs d'un jour devenus pour elles occupations de toujours. Enfin jusqu'à ce que mort naturelle s'en suive... Que d'heures de jeu !
Et quel soulagement pour la nounou Zazou, antique momie aux bandelettes usagées, lassée de devoir éternellement colmater de l'ancien avec du neuf. Elle pouvait enfin se reposer lorsque les filles trouvaient quelque occupation.
Mais d'où est donc venue l'idée d'enfermer Julien dans cet endroit si utile ?
Je crois me souvenir avoir fait vaguement partie de la conspiration. Mais je ne suis plus bien sûre. De toute façon, il faut bien que quelqu'un paie pour mes traumatismes. Ce n'est que justice.
Et comme il est exclu que je m'en prenne au seigneur des terres... Hé bien oui : il me reste encore un peu de lucidité pour savoir que je n'en aurais pas la force, ni le courage, ni même la volonté d'ailleurs. Allez donc savoir pourquoi ...
Revenons, je crois savoir que c'est Zazou, la principale instigatrice. Après tout, elle est chargée de veiller sur la descendance de Piotr et le bruit a couru que le grand-père câlinait ses petites filles d'un peu trop près. Alors, j'ignore les raisons de chacun et chacune (j'ai déjà donné les miennes), mais je crois bien que le complot était collectif.
Pour Piotr, c'est l'évidence, il ne tolère aucun élément masculin autre que lui même pour s'occuper de sa tribu... Sauf à ce que la décision et l'organisation lui revienne...
La nounou ? Qui sait ce qu'elle nous cache ? J'aimerai bien savoir, d'ailleurs, où se trouve son intérêt dans cette histoire... Mais au fait, puisque j'y songe, quelques détails me reviennent. A l'époque, c'est Julien qui s'était chargé du recrutement.
Zazou était encore une momie toute blanche. Elle sortait à peine de son sarcophage et s'acquittait curieusement de sa tâche. Je me souviens avoir trouvé de nombreuses fois les filles seules, enfermées dans le donjon. Je partais alors à la recherche de l'inconséquente et la retrouvais fréquemment flânant dans le labyrinthe. Nous échangions alors une explication sommaire. Et je n'ai jamais rien dit, par pure bonté d'âme ! Vous savez bien comme je suis...
Je n'avais pas tous mes esprits à l'époque. J'ignore pourquoi, mais ma cervelle semblait me fuir... Toujours est-il qu'une image furtive me revient à l'esprit, une ombre filant par l'arrière lorsque j'arrivais. Je le reconnais ! C'est Papynou ! Ho, le félon ! Et ça ne le gênait pas que les petites restent sans surveillance pendant ce temps... Avec les risques que cela comporte !
Toujours est-il que je comprends mieux pourquoi Zazou tenait tant à écarter Julien des petites. Jalousie momiesque !
Quant aux filles, tout est bon pour s'amuser. Quel délice que de jouer un vilain tour à leur grand-père !
Poteet, elle, gagnait le château familial pour y loger avec son époux. Lequel est parti après le divorce. Encore une affaire à éclaircir. Comment cette diablesse a t-elle fait pour si bien s'en sortir ?...
D'ailleurs, j'ai envoyé ma personnalité Pigeuse de questions à la pêche aux informations. Elle m'a rapporté des souvenirs oubliés : des complots fomentés par Suffolk (face cachée de la princesse Poteet) avec son oncle Jack pour tous nous supprimer.
Et personne ne s'est vengé depuis lors ? C'est troublant. Très troublant... C'est qu'elle est redoutable !
De mon côté j'avais bien envisagé d'organiser une grande fête au château en son absence. J'ai même offert, à cette fin, de me charger moi-même de la faire disparaître... Juste temporairement. Il va vraiment falloir que je m'occupe de cela sérieusement !
J'ai aussi appris que notre pirate Michka, n'était autre que son grand-père. Décidément, combien d'autres éléments me manque t-il sur notre famille ?...
En voici un d'importance : Lunalithe, née d'une étreinte fugitive. J''ignore encore presque tout sur son cas. Nul doute qu'il se cache derrière son existence de terribles secrets à découvrir.
Par contre, j'ai connaissance d'une alliance entre elle et la princesse.
Qui est cette intruse visant notre -mon !- héritage ? Elle ne sort de nulle part. On veut nous la faire passer pour une fille de Piotr. Ben voyons !...
Et qui donc l'a introduite près de nous ? Zazou ! Non mais, ce n'est pas vrai, ça ! Ha ! Zazou ! Bien sûr ! Elle s'était éloignée, un temps. Elle a filé mettre sa progéniture à l'abri, oui ! Et maintenant elle espère tirer quelqu'avantage du fruit d'escapades faites sur ses heures de travail.
Quand je pense que je savais ! Ma bonté me perdra !... Tout de même, c'était agréable ce petit arrangement.
Je connais certaines choses. Je vous en ai dévoilé beaucoup, déjà.
Je puis vous affirmer que nous ne laissons pas les autres indifférents, certains s'écartent, d'autres sont intrigués ou amusés et beaucoup se demandent comment pouvoir nous approcher.
Mais en fait, nous allons nous même vers beaucoup de personnes. Il nous faut bien nous nourrir, trouver du sang frais, des idées neuves. Parfois même à l'insu des personnes touchées que nous contaminons systématiquement, laissant chaque fois un peu de nous en eux. En même temps, nous les vidons, avidement ou plus discrètement.
Ainsi, notre empire s'étend, inlassablement. Un jour, nous couvrirons le monde !... C'est en bonne voie, déjà, nous avons pris place dans nombre de coeurs et d'esprits.
Et ma très chère nièce, Sandy, je dois vous parler d'elle aussi.
Cette merveilleuse enfant qui tient de son père la faculté de conter des histoires a fait beaucoup pour notre cause. Elle écumait les forums et continue encore aujourd'hui. Dans sa tenue de jour comme celle de nuit, dépose des mots, des images, et contribue à ce d'aucun ne se méfie. Elle est toujours accompagnée de son chien Vira, adorable roquet aux dents aiguisées. Dressé à mordre tout ce qui s'approche, il sème la rage sur son passage à coup de morsures délicates.
Et Sandy cachée derrière les fils observe en riant ce qui arrive après qu'elle ait déposé ses gentils cadeaux journaliers.
J'ai récemment découvert l'existence d'Harmonie, ma soeur. Elle fut élevée loin du château et porte bien son nom. Elle n'en reste pas moins une Denfer, je pressens qu'elle fera de grandes choses. Nul doute que la génétique et notre soutien inconditionnel feront leur oeuvre.
A son arrivée, je me suis chargée de la mettre au courant de l'histoire de notre famille et de ses us et coutumes, lui faisant bien savoir que je suis la seule à qui l'on puisse se fier. Elle n'en attend pas moins le retour de ce frère qu'elle ne connaît pas, mais dont tout le monde lui parle.
Et voilà que j'apprends l'impensable, mon père me faisant des confidences dans un moment d'égarement. Enfin disons plutôt qu'il n'a pu résister plus longtemps à l'envie de se vanter d'une forfaiture !...
Harmonie qui pense être une enfant normale et espère le retour de sa mère. C'est bien la fille de Julien... Mais c'est également la mienne ! Je comprends mieux pourquoi nous sommes si proches sans nous connaître.
Comment est-ce possible ? Les fourbes ! Lui et Piotr m'ont drogué pour ne pas que je me souvienne. Ils ne perdent rien pour attendre !
De mieux en mieux ! En plus, je ne me rappelle vraiment de rien. De quelle façon est-ce arrivé exactement ? Et pourquoi Piotr se fait-il complice dans cette histoire ? Qu'a-t-il à y voir ?
Vous ai-je dit, au fait ? Pas un garçon dans la lignée. Je savais déjà que Piotr ne reculait devant rien pour maintenir son rang... Mais je ne pensais pas...
Je réalise à quel point ces traîtres utilisent tous les moyens ! Je savais déjà que j'avais sous influence sacrifié mes fils, la propre descendance de Piotr. Mais j'ignorais que de telles méthodes avaient été employées contre moi.
Et je fais le rapprochement. Je comprends enfin pourquoi à une époque mon cerveau me faisait défaut. Rien d'étonnant. Déjà les sévices subits auraient suffit à anéantir n'importe qui. Mais j'ai résisté. Et cela ne leur a pas suffit. Il a fallu qu'ils en rajoutent. Mais la mémoire me revient. Par flashes.
A présent, j'en arrive à craindre mes souvenirs...
Le comte d'Alucard a annoncé son retour, son ombre gigantesque plane.
- Je sens naître en moi, un sentiment nouveau.
Tremblez mortels, vous avez bénéficié d'une accalmie, mais bientôt notre famille sera de nouveau réunie.
- Une chose jamais éprouvée auparavant.
Et l'union faisant la force, vous pourriez regretter ces temps paisibles où les Denfer se contentaient d'attendre paisiblement le signal leur indiquant qu'il est grand temps de se remettre en campagne.
Enfin, jamais avec cette intensité.
Vous apprendrez alors qu'il existe une différence entre les souvenirs et un retour en force. Vous n'avez pas encore tout vu...
Quant à moi, je suis toujours cet éternel petit ange. J'exprime un amour démesuré pour mes proches. Ainsi que pour le reste de l'humanité. Personne n'oserait en douter. Pourtant, je sens mes émotions gonfler encore, à mesure des révélations qui m'ont été faites. Mais je ne les reconnais pas bien. Quelque chose est différent. Un souffle que je sentais sous-jacent prend le dessus. Un grondement sourd en arrière plan. J'enfle et je déborde, telle une furieuse rivière en crue. Bien sûr, il est exclu et inconcevable que je m'en prenne aux responsables.
Mais vous êtes là, mes amis, mes amours. Je vous aime comme jamais auparavant. Pas un instant vous n'avez été si désirables. J'ai tellement faim de vous ! Si vous saviez à quel point mon appétit est immense. Je ne suis qu'une amante religieuse...
Voila la lettre savament cachée que j'ai trouvée en faisant un peu le ménage dans le bureau de notre très cher Père,
Lord Piotr Denfer.... Je crois qu'on a des soeurs en plus les filles !!!! C'est belle-maman qui va être contente mouaahahahahahahaha
Etant entendu que :
Julien, cochon de son état (comme cela lui sied bien...), reconnaissait en l'article du 17 juillet 2008, sur l'art d'être grand-père
dans notre illustre famille, que ma très chère mère repose paisiblement sous le pommier du labyrinthe.
Etant entendu que :
Lord Piotr, apparition fantômatique de son état (comme cela lui sied mal...), se vantait en commentaire 9 de notre légende (version an
2008, publiée sur le blog de l'indéfini), se vantait donc de ses crimes sur ma personne et des conséquences en résultant, à savoir, nos monstrueuses filles.
Etant entendu que :
Moi-même, petit ange de mon état (comme cela me sied particulièrement bien !...), je suis, sur ce point précis comme sur les autres, parfaitement pure et innocente en actes comme en pensées.
Il est donc notoire que je suis la seule vénérable mère encore parmi nous à ce jour.
Et donc, en vertu des pouvoirs qui me sont conférés :
ne craignant absolument personne et surtout pas notre Saigneur (de toutes façons absent -certains le disent même mort- pour une durée encore et toujours indéterminée)
je déclare présentement être la matriarche de notre clan et prends dès à présent les pleins pouvoirs !
Quiconque posséderait la plus petite information sur un inconscient convoitant ma place (ou bien une éventuelle ombre dense et menaçante s'approchant dans les cieux) se doit de me prévenir immédiatement. Il va de soit que je serai généreuse avec ceux sachant de quel côté se placer. Quand aux autres, mes fidèles se chargeront impitoyablement d'eux !...
Si quelqu'imprudent que ce soit a la moindre objection à émettre, qu'il parle maintenant (sachant que ce pourraient bien être ses
derniers mots) ou qu'il se taise à jamais !
Indee
DANS LA CAPITALE
(S. Archambault, Mes Aïeux / M.-A. Paquet, Mes Aïeux)
Quelque part dans l'est de Montréal
Bien à l'abri dans un local bancal
Le Yâbe en personne buvait un pot
En compagnie de ses suppôts
Tour à tour, chacun de ses complices
Déposaient leurs rapports sur l'état du vice
La machine du mal baignait dans l'huile
Contrôle total de la grand-ville
HA ! HA ! HA ! HA !
Et puis, Sa Majesté Pourpre prit la parole :
« On a le monopole sur la métropole
Mais n'arrêtons pas là nos ambitions
Mes amis, l'heure est à l'expansion
Étendons bien grandes les ailes du mal
Prochain objectif : La capitale
Demain je flye à l'autre bout de la 20
Pour y faire un peu de travail de terrain »
Lucifer inc. exportation du mal
Siège social situé à Montréal
À cheval sur son bécyk-six-six
S'arrêta en face du bar Chez Boris
Mais comme sa face était pas connue dans 'place
Il a dû faire la file comme n'importe quelle tache
Au bout d'une heure, enfin à l'intérieur
Il sortit sa ligne à pêche aux futurs pécheurs
Distribuant son lot de cartes d'affaires
À quiconque avait l'air le moindrement pervers
Lucifer inc. propagation du mal
Siège social situé à Montréal
Mais à Québec City, sache le protocole
Faut jamais mentionner qu'on vient de la métropole
Sinon ça risque fort de te revenir dans les dents
Le Yâbe allait l'apprendre lui-même à ses dépens :
« C'est pas un petit frais-chié de Môrial
Qui va venir chez nous nous montrer comment faire le mal »
Le Yâbe avait beau faire sonner ses écus
Le doorman l'a sorti à grands coups de pieds dans l'cul
AÏE !AÏE ! AÏE ! AÏE !
Son vol plané s'est terminé dans un poteau
Le choc a fait germer une idée dans son cerveau :
Il lui suffisait de trouver un homme respecté
Dont il pourrait usurper l'identité
Il eût un flash génial : La victime idéale
Ne pouvait être nul autre que le Bonhomme Carnaval
Qui donc pourrait se méfier d'un personnage aussi jovial
L'homme au bedon monumental ?
Lucifer inc. incarnation du mal
Siège social situé à Montréal
Il arrosa de pots-de-vin les grosses légumes
Ça lui ouvrit le chemin qui menait au fameux costume
En enfilant le suit de l'homme de glace
Il entendit son propre rire résonner dans le casque
Et comme pour Wolfe, la conquête fut facile
Il a reçu des mains du maire, les clés de la ville
Tour à tour, les remparts se sont effondrés
Les portes se sont ouvertes et le Yâbe est entré
HA ! HA ! HA ! HA !
Dans les bureaux gouvernementaux et les boîtes de nuit
Dans les médias, au parlement, on lui déroule le tapis...
Honnêtes gens, ne dormez plus tranquille
Les loups sont entrés dans la basse-ville
Hey! Honest people better watch your back
Downtown’s been taken by a wolf pack
Fais attention, belle jeunesse
Ils sont à la recherche de nouvelles duchesses... (3 x)
Lucifer inc. implantation du mal
Siège social situé à Montréal
Nouvelle succursale dans la capitale
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